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mars 2019 - Don de livres : une économie qui tourne rond

Infos pros

Le livre a-t-il droit à une seconde vie ? Mobilis répond oui. Comment ? En activant un réseau, dans une démarche solidaire et écologique. Plutôt que de condamner un livre après un désherbage, ou après une braderie, il est possible de lui offrir une nouvelle vie. Les bibliothèques, les particuliers, les associations, les éditeurs peuvent s’inscrire dans une filière du livre durable grâce à un partenariat avec Mobilis.

L’économie sociale et solidaire offre d’autres possibles pour le livre. Le principe simple est déjà en œuvre. Les livres donnés au collecteur sont triés, et certains sont remis en vente sur Internet. 10% de la vente va à l’association qui a été désignée lors du don.

Mobilis travaille depuis 2016 avec RecycLivre. La collecte des livres est gratuite, du ramassage jusqu’à la vente des livres. Le donateur doit mentionner le fléchage Mobilis pour que le pourcentage solidaire soit activé vers le pôle régional. Si le bénéficiaire du don n’est pas renseigné, le collecteur reversera à une association qui agit pour la culture, l’environnement ou la lutte contre l'illétrisme. Donner en vue du réemploi possède quelques vertus évidentes : éviter les déchets, aider l’insertion professionnelle, et, cerise sur le don, favoriser l’accès à la culture. 

Chez Recyclivre, après un premier tri, les livres récoltés sont saisis informatiquement (catalogués selon leur état), puis confiés à un partenaire logistique, Ares Services, qui accompagne des personnes en réinsertion professionnelle. Actuellement quarante personnes bénéficient d’un retour à l’emploi grâce à RecycLivre. 

Désherber responsable

Le désherbage responsable demande des gestes simples. Pour faciliter la démarche des bibliothèques et collectivités, Mobilis met à disposition des modèles de conventions. Alice Albert, de la bibliothèque de l'École des Beaux-arts de Nantes-Saint Nazaire, ajoute que l’intervention de ces collectes facilite le désherbage. Le travail devient plus fluide, sans contrainte de stockage.
Vincent Gillet, responsable de RecycLivre à Nantes, parle d’un « geste vertueux avec un impact social et environnemental fort ». Le réemploi du livre économise considérablement arbres, eau et bien sûr diminue l’empreinte carbone ; il rend aussi chacun acteur à part entière d'une économie circulaire, sociale et solidaire.

Depuis le début de l'opération en Pays de la Loire en 2016, pas moins de 30 000 livres ont été réemployés par Recyclivre, 14 266 vendus, et près de 7 000 € reversés à Mobilis. Chaque bibliothèque peut devenir un maillon actif de cette filière durable. Aujourd’hui trente-cinq bibliothèques sont engagées avec Mobilis et RecycLivre. 

Récemment, la médiathèque du Mans a confié les ouvrages issus du désherbage à Ammareal (avec le même système de reversion à Mobilis) nouveau venu sur le marché de la collecte et de la revente de livres mais sans la partie vertueuse de création d'emploi locaux en insertion. 

Attention filière en réflexion 

Recycler, réemployer, c’est choisir un « monde de fonctionnement » où ne sont évacuées ni la responsabilité écologique, ni la responsabilité économique. En faisant preuve d’un esprit collectif, il est possible d'infléchir les comportements vers des actions qui n’hypothèquent plus l’avenir. Mobilis assume son rôle d’agitateur de la filière et entend sensibiliser chaque acteur du livre, du lecteur à l’éditeur.

Les pistes ne manquent pas pour réinvestir l’argent. L’idée forte consiste à élaborer un fonds de dotation pour soutenir le livre, autrement dit poser les jalons pour élaborer une réflexion sur une filière durable du livre. Les médiathèques qui choisiraient de s’engager dans une transition écologique peuvent travailler avec Mobilis pour soutenir une réflexion structurée et élargie.

La journée interprofessionnelle du 11 juin prochain « Le futur du livre commence aujourd’hui » s’inscrit dans cette démarche. Une réflexion collective approfondie sur la filière est devenue nécessaire.