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La voix de Cabo, de Catherine Baldisseri

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Avec son roman La voix de Cabo, qui se passe en Uruguay, Catherine Baldisseri soulève cette question : qu’est ce donc qui a bien pu pousser Teresa, riche héritière de Montevideo, à venir s’installer parmi les quelques cahutes de Cabo, sur cette côte du bout du monde ? Lecture de Gérard Lambert-Ullmann. 

Loin de Pornic où réside l’auteur, ce roman se passe en Uruguay dans les années 70. Mais, là bas aussi, il y a la mer. Une mer qui, cependant, n’est guère un délice balnéaire, mais la mer qui frappe et cogne, et qu’il faut pourtant affronter pour y arracher de quoi vivre. C’est le cas de ces chasseurs qui se jettent dans les vagues pour aller décimer les loups de mer et qui en reviennent baignés de sang, écœurés par la puanteur des cadavres qui vont leur assurer un salaire un peu meilleur que celui qu’ils auraient gagné dans les plantations de canne à sucre, et sans le fouet qui menace le dos des “fainéants”.

Qu’est ce donc qui a bien pu pousser Teresa, riche héritière de Montevideo, la capitale, à venir s’installer parmi les quelques cahutes de Cabo, dans le phare qui les domine, sur cette côte du bout du monde ? L’amour, bien sûr. Et l’envie de fuir une vie d’ennui doré et de fades prétendants. Là, loin des futilités du luxe, elle devient l’institutrice de quelques enfants de pêcheurs, et surtout de Machado, le grand, costaud chasseur de loups de mers qui ne veut pas rester analphabète.

Mais la vie est rude à Cabo, et dans le pays c’est le temps des grèves sauvages et de la naissance de la guérilla des Tupamaros. Pas une période calme. “La main intrigante du destin” va frapper. Et l’un comme l’autre vont en sentir les coups.

Heureusement, il y a Gustavo le “perroquet” câlin, magnifique Ara Macao au plumage incandescent, et qui sait dire: “me gustas tu”. Au fil de sa chanson, on comprend que tout n’est pas perdu.

La voix de Cabo, de Catherine Baldisserri, Intervalles, 175 p., 16 €, ISBN 9782369560579.

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