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5 nouveaux sites web pour le livre et la lecture

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L'écrivain, traducteur et critique littéraire John Taylor, la librairie Le Vers libre, l'association Fondu au Noir et Le Sel des mots, la directrice artistique Marie Rébulard ont confié la réalisation de leurs sites internet à des étudiants de l'IUT Métiers du livre de La Roche sur Yon sous la direction de Stéphanie Lechêne.

Stéphanie Lechêne est chargée de l'information-communication pour Mobilis à temps partiel. Pendant l'année universitaire 2015, elle a supervisé la réalisation de plusieurs sites web pour des professionnels du livre et de la lecture du territoire ligérien.

Quelle a été la nature de ton intervention à l'IUT de La Roche-sur-Yon ?

C'est par l'intermédiaire de Mobilis que j'ai rencontré Claudine Paque, chef de département de l'IUT Information et communication de La Roche-sur-Yon au printemps 2015. Claudine m'a proposé d'intervenir comme vacataire pour la rentrée 2015 afin d'animer un atelier web auprès de 15 étudiants en deuxième année Métiers du livre. Je disposais donc de 40 heures, de septembre 2015 à mars 2016, pour accompagner les étudiants à la réalisation de sites internet pour des professionnels.

C'était une première expérience pour moi en tant que formatrice auprès d'étudiants et cela me permettait de revenir dans l'IUT où j'ai moi-même été étudiante en communication il y a 15 ans...

Comment avez-vous sélectionné les professionnels ?

Je souhaitais que les étudiants travaillent sur de "vrais" projets avec une commande bien précise d'un professionnel pour appréhender tous les rouages d'une gestion de projet : le brief, le cahier des charges, le choix graphique, le développement, le débogage, le recettage, la livraison et la formation sur le site.

Je tenais également à ce que les projets soient en lien avec le livre pour que les étudiants puissent travailler auprès de libraires, de médiateurs, d'auteurs, de graphistes...

J'ai donc fait un appel via la page Facebook de Mobilis aux professionnels intéressés pour participer à la création ou refonte de leur site internet et nous avons retenu les 5 plus rapides à répondre et surtout ceux qui étaient prêts à s'engager sur un travail de 6 mois avec les étudiants !

Comment as-tu élaboré les cahiers des charges avec les professionnels ?

J'ai divisé le groupe en 5 projets de 3 étudiants. J'ai commencé la formation par un peu de théorie : utiliser l'outil de mise en ligne WORDPRESS, la rédaction web, le référencement, etc. Puis chaque groupe a fait une veille et un état des lieux de la présence de leur commanditaire sur internet.

De là, nous avons rédigé un cahier des charges avec des préconisations. Les commanditaires sont venus rencontrer les étudiants et nous avons affiné les demandes, repréré ce qui était de l'ordre du possible ou pas en 40 heures... Nous avons opté pour des sites vitrines, simples mais ergonomiques et facilement paramétrables par les professionnels. 

Comment les étudiants ont-ils cherché à y répondre ?

Les étudiants ont le réflexe de la veille sur internet ; ils ont eu la curiosité d'aller voir ce que les autres faisaient dans le même domaine que leur commanditaire et de s'en inspirer pour rédiger le cahier des charges. Ils ont utilisé des techniques de gestion de projet acquises dans leur cursus comme le diagramme de Gantt.

Je les ai épaulés pour structurer les idées, leur indiquer la faisabilité de certaines fonctionnalités (boutique en ligne, moteur de recherche...) et surtout à réagir à une situation comme des pros (être réactif, être rigoureux, faire preuve de souplesse et de compréhension face aux contraintes professionnelles de leurs clients, être patient...) et parer aux imprévus.

Le groupe qui travaillait sur la librairie Le Vers libre, par exemple, a été exemplaire : la librairie a changé de nom, de lieu, de statut juridique en cours de projet. Les étudiants ont donc peaufiné leur cahier des charges dans l'attente du nouveau nom de la librairie qui permettrait de choisir une adresse de site internet (normalement, c'est la première étape lorsqu'on décide de créer son site). Une fois le nom choisi, ils n'ont eu que quelques semaines pour alimenter le site et tout s'est bien déroulé !

Quelles ont été les limites ou les difficultés de l'exercice ?

Les limites sont essentiellement techniques. Le temps a manqué pour aller plus loin dans la prise en main de l'outil WORDPRESS, notamment dans la modification de l'interface graphique. Cela requiert une solide connaissance en langage HTML et CSS, des langues étrangères pour les novices. Les étudiants avaient eu une introduction en première année mais cela aurait demandé une application concrète immédiate qu'ils n'ont finalement eu qu'un an après ! Mais au final, cela leur a permis de bien saisir les enjeux de cet apprentissage en travaillant sur un projet concret.

Ils sont désormais autonomes pour créer un site internet et je suis certaine que ça leur servira dans leur future expérience professionnelle.