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Amandine Momenceau, illustratrice lauréate du Voyage à Bologne

Rencontre

Douze illustrateurs jeunesse de toute la France ont été sélectionnés pour se rendre à Bologne, où se tiendra fin mars une grande foire internationale pour l’achat de droits. L’objectif pour les lauréats ? Présenter leur travail et se construire un réseau international.

 

Rencontre avec Amandine Momenceau, une des lauréates, spécialisée dans la technique du papier découpé, qui s’apprête à faire le déplacement.

Pouvez-vous nous parler de votre style ?
Je fais du papier découpé depuis longtemps, suite à la découverte d’un court-métrage de Michel Ocelot, Les Trois Inventeurs. Ce film d’animation n’est composé que de silhouettes découpées et pliées dans du papier blanc, avec des napperons en guise de roues, d’engrenages… Je l’ai trouvé incroyable et c’est ce qui m’a donné envie de commencer. J’utilise uniquement des couleurs unies, brutes, même si je me suis essayée aux papiers imprimés au début. Je compose avec les couleurs que je trouve, ça fait partie des contraintes. Mon style est très tranché, d’ailleurs je découpe au cutter. Le terme « ciselé », évoqué lors des deux journées de formation à Paris, décrit aussi très bien mon travail. Ce que j’aime, c’est manipuler les formes, les assembler, un peu comme un jeu de construction. J’apprécie le côté ludique de cette technique.

Comment s’est passée la sélection pour le Voyage à Bologne ?
Il y a des styles très différents et assez atypiques dans la sélection, je crois que c’est ce qui était recherché. J’ai été incitée à présenter ma candidature lors d'une rencontre avec Mobilis pendant une journée professionnelle. Même si je m’y suis prise un peu tard, j’ai été retenue !

Quels sont les objectifs du voyage ?
Les rencontres avec les éditeurs, c’est le plus important. Les éditeurs intéressés se manifestent auprès de la Charte des auteurs et des illustrateurs jeunesse, qui prend les rendez-vous en amont. Sur place, on peut aussi les solliciter nous-même et montrer nos images de manière rapide et simple. Moi, mes originaux sont imposants et mon book est gros et lourd. Comme il y a peu de place et beaucoup de monde, il faut voyager léger, donc envisager d’apporter des reproductions ou d’utiliser une tablette.

À quoi peut-on s’attendre lors de ces rendez-vous ?
Il y a des éditeurs français, mais aussi des éditeurs étrangers. En provenance d’Europe pour beaucoup, mais également d’Asie, via leurs agents, et notamment du Japon, un pays qui m’intéresse. Il faut montrer des choses variées, mais surtout des projets de livres. Car l’éditeur peut aimer notre style et nous proposer un projet, mais on peut aussi en apporter soi-même. C’est mieux de leur montrer une maquette aboutie de ce à quoi peut ressembler le livre, pour les aider à se projeter.

Est-ce que vous travaillez seule sur vos projets, y compris à l’écriture des histoires ?
Jusqu’à présent, oui. Je ne serais pas dérangée à l’idée d’illustrer le texte de quelqu’un d’autre, mais je trouverais un peu particulier de ne pas rencontrer l’auteur pour échanger sur le livre, comme c’est trop souvent le cas. Il existe aussi la possibilité d’illustrer des livres documentaires : en ce qui me concerne, je me verrais bien illustrer un livre sur les arts ou l’histoire de l’art. Mais je ne pourrais pas rédiger le texte, une vraie collaboration serait nécessaire. 

Mobilis est partenaire du Voyage à Bologne pour la première année aux côtés d'autres structures régionales du livre : Normandie Livre & Lecture, AR2L Hautes-de-France, la Région Grand Est et Occitanie Livre & Lecture. 

Un.e illustrateur.trice de chaque région rejoint la sélection des lauréats pour Bologne. Le groupe est préparé à la foire grâce à deux journées de formation avec des éditeurs jeunesse et des parrains et marraines confirmés.ées. La nantaise Julia Wauters est l'une des marraines 2020 du Voyage à Bologne (avec Roland Garrigue, Sandrine Bonini et Stéphane Khiel).

Mobilis capitalise les conseils et les informations dispensés pendant la formation et le déplacement à Bologne pour pouvoir accompagner par la suite les jeunes auteurs.trices des Pays de la Loire dans leurs préoccupations.

 

À Paris, les deux journées de formation ont été l'occasion pour les illustrateurs.trices de présenter leur travail devant des éditeurs et éditrices jeunesse dont Angèle Cambournac (Seuil), Alice Nussbaum (Grasset)/ Christophe Hermelin (Giboulées/ Gallimard), Ilona Meyer (éditions des élephants), Camille Guénot (Kaléidoscope)… et également de rencontrer Emmanuel de Rengervé du Snac et Florence-Marie Piriou de la Sofia.