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Coloriste BD, un métier de l’ombre

Métier

Pour devenir coloriste, une formation en arts est le minimum requis. Marie-O Galopin a débuté ainsi. À peine sortie de formation, elle se retrouve à coloriser des planches. 

Très vite Marie-O devient la collaboratrice attitrée de l'auteur Christophe Gaultier. Le premier album qu’elle met en couleur, Robinson Crusoé, lui permet d’intégrer la collection Ex-libris, dédiée à la mise en image des classiques de la littérature. D’autres collaborations suivront. Cette entrée chez Delcourt la propulse dans le métier.

La colorisation est entièrement numérique, Marie-O manie la palette graphique sous Photoshop. Une formation au logiciel d’image s’avère indispensable. Travailler la couleur demande un esprit créatif, « une forêt pluvieuse peut devenir mélancolique ou bien dramatique selon la couleur choisie ». La coloriste apporte son regard singulier, « la couleur raconte, amène des sentiments ». Marie-O recherche ce qui s’associe le mieux au trait du dessinateur. Exemple : elle reçoit de son éditeur quatre pages test avec le scénario. À elle de faire vivre l’histoire. L’auteur lui répondra alors si cela lui convient ou s'il demande retouche.

En BD, l’éditeur propose généralement une enveloppe budgétaire que se partagent l’auteur, le scénariste, le coloriste. Marie-O Galopin préfère être payée à la page (en moyenne 90 € la page). 

Le métier souffre d’un manque de visibilité et de reconnaissance. Le nom de Marie-O Galopin apparaît en petit sur Alt life de Cadène et Falzon. Quasiment jamais un coloriste ne sera invité à une séance de dédicaces, moment-clef de la sortie d’un album. En France, il y aurait entre cinquante et cent coloristes. Beaucoup sont femmes d’auteurs de BD, et restent des collaboratrices. 

À force de passer ses journées vissée à l’écran, Marie-O songe à se diversifier en intervenant dans les écoles (ou se former à la restauration de tableau ?). Ce métier, en plus d’une grande sensibilité à la couleur, demande « d’être contemplatif et curieux ». Comme tout métier artistique, une veille culturelle est indispensable. Pour en vivre comme indépendant, il faut réussir à entrer dans le petit monde de la BD. Intégrer le réseau des auteurs et éditeurs est la condition sine qua non.

 


Formation

N’espérez pas décrocher un diplôme de coloriste : ça n’existe pas. Il n’y a pas de piste balisée pour exercer ce métier.  La base est une formation en arts, dans l’idéal avec une spécialisation en bande dessinée.

L’EESI (École européenne supérieure de l’image d’Angoulême et de Poitiers) propose :

  • un DNA (diplôme national d’art)
  • un DNSEP (diplôme national supérieur d’expression plastique), tous deux avec une mention "bande dessinée"
  • et aussi un master spécialisé.