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Notre Est lointain et Notre désir de tendresse est infini, de Sébastien Ménard

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De Sébastien Ménard, récemment résident à la Maison Gracq, paraissent deux œuvres simultanément en version papier et en version numérique aux Éditions publie.net. Avec, au fond du cœur et inépuisable,  cet infini "désir de tendresse". Lecture par Claire-Neige Jaunet. 

 

"Notre désir de tendresse est infini": ce sont les derniers mots de Notre Est lointain, de Sébastien Ménard, et c'est aussi le titre d'un recueil qui lui fait écho; deux œuvres parues simultanément en version papier et en version numérique aux Editions publie.net. L'une combine le récit en prose et le journal en vers, tandis que l'autre se donne comme un "ensemble d'exagérations / poèmes / contes à prononcer à voix haute". Mais toutes deux parlent de la même "quête", une ruée vers l'Est qui tient de la "traque" et de la "course-poursuite avec les Etoiles"; une quête faite de noms, d'images, de choses vraies et de choses pressenties autant que de kilomètres parcourus. L'histoire qui s'écrit rejoue ce qui a fait rêver. Les personnages sont des "héros ordinaires", si ordinaires qu'ils se nomment F, B, P, D, K, C... ou bien je, ou bien nous, ou encore "un homme qui apparaît" — parfois dans le noir, parfois dans la lumière.
Leur point commun est d'avoir échangé leur "costumes de la vie" et leurs "masques vides" contre "le masque de l'Est", et de partager la même aventure. Ils sont en mouvement, ils veulent "rouler sur les routes de l'Europe", "dans chaque direction", à la rencontre de l'immensité, pour "vérifier" ce qu'ils ont entendu, et pour s'éprouver au contact des éléments, d'autres êtres, des forêts, de la neige... et de l'animalité — celle des ours et des loups, mais aussi celle-là qui est "tapie" en nous. Ils vont, entre géographie réelle et lieux qui n'existent pas, à la recherche des "limites introuvables". Ils veulent "casser" frontières, murs et barrières, et entendre des voix nouvelles et des langues qui renouvellent leur histoire, et entrer dans l'écoute du silence "qui mène à leur propre errance". Ils veulent changer d'horizons et  "chercher". Savent-ils vraiment ce qu'ils cherchent?... Ils se découvrent "fragments (...) sous le vaste ciel". Ils mènent "la grande quête du héros intime et magnifique", magnifique jusques dans ses échecs car ils ont dans leurs bagages "des morceaux de poèmes".
L'Est, c'est avant tout un désir, le point où "apparaissent les rêves du matin" plus forts que les réalités prosaïques qui rattrapent le voyageur; l'Est demeure  "une façon de parcourir nos tripes" en "Hommes prêts à en découdre avec eux-mêmes". Au bout du chemin se trouve le bonheur de faire des contes et d'y accrocher des gimmicks. Avec, au fond du cœur et inépuisable,  cet infini "désir de tendresse".

Notre Est lointain, de Sébastien MénardÉd. publie.net, 2017, 144 p., 15 €, n° ISBN 978-2-37177-488-9, ISBN numérique 978-2-37177-165-9 
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Notre désir de tendresse est infini, Éd. publie.net, 2017, 144 pages, 15 €, n° ISBN 978-2-37177-492-6, ISBN numérique 978-2-37177-167-3
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