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Chevaux de guerre, d'Albane Gellé

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Dans son nouveau livre, la poétesse Albane Gellé rend hommage aux chevaux de guerre, dans une prose poétique puissante et brève. Lecture de Christine Tharel-Douspis. 

Qui connaît Albane Gellé, poétesse né à Guérande et qui vit et travaille à Saumur, sait tout l’amour qu’elle porte au cheval. Elle avait déjà consacré un premier recueil (Je, Cheval, éditions Jacques Brémond) à ceux dont elle dit : “ils  ont fait partie de mes fondations, de mes appuis, de la même façon que les poèmes”.

C’est donc tout naturellement qu’elle a accepté de rendre hommage aux chevaux de guerre, ces fidèles compagnons qui ont payé un très lourd tribut durant la grande boucherie que fut la première guerre mondiale. Quatre cartes postales ont servi de point de départ à ce travail de mémoire. Pour raconter le cheval dans la guerre la poétesse adopte le pas de l’animal, un rythme à quatre temps.

Où vont les chevaux quand ils vont à la guerre se demande-t-elle d’abord ? On suit la progression du cheval, digne et élégant, vers les champs de bataille, à travers des paysages désertés, dévastés, sans vie. La phrase est courte, les scènes sont brèves, les répétitions scandent l’avancée du cheval et marquent celle de l’écriture. Plus loin, le hennissement qui autrefois disait la joie ou le plaisir se fait expression de la terreur, de la souffrance et de l’horreur. Si jusqu’au bout le cheval est forteresse, réconfort, confiance, il est aussi soumission, sacrifice, effroi. Enfin par-dessus tout, une fois le recueil refermé, il restera pour le lecteur celui qui conduit  la poétesse, “fidèles aux phrases et aux mains”. Des dessins au feutre noir ou à l’aquarelle d’Alexandra Deprez accompagnent la prose poétique puissante et brève. Des illustrations fortes et sombres qui vont à l’essentiel et sont en symbiose avec les mots d’Albane Gellé.

Chevaux de guerre, d'Albane Gellé, peintures d’Alexandra Duprez, Éditions L’Esperluette, 48 p., 14€, ISBN  : 9782359840773.

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