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Les éditeurs du Coll.LIBRIS impriment plutôt en France, mais à quel prix !

Débat

A l’occasion d’une journée organisée par l’Uniic et Mobilis et d’une table ronde sur la localisation de l’impression, les éditeurs du collectif des éditeurs en pays de la Loire (Coll.LIBRIS) se sont interrogés sur leurs pratiques.
Petite synthèse des 28 réponses reçues.

La question était simple : Où imprimez-vous et pourquoi ? Les réponses ont été claires et le débat est lancé. Premier résultat : la majorité des éditeurs ont imprimé leurs 3 derniers ouvrages en France et un quart ont choisi l’étranger.

Le choix d’imprimer en France, et même très localement puisqu’on imprime quasi systématiquement en région, repose sur des valeurs morales partagées. Des raisons éthiques et politiques : on privilégie le made in France, on défend le recours à la main d’œuvre locale. Des raisons écologiques : en privilégiant le circuit court, l’empreinte carbone est diminuée. Des raison pratiques : la proximité permet d’être présent au calage des machines, facilite le suivi de fabrication, et la livraison s’en trouve facilitée.

Enfin, le côté humain  est mis en avant : on salue la qualité relationnelle et c’est un lien qui se construit et s’installe dans la durée.

À ces éditeurs, il est demandé s’ils pourraient un jour imprimer à l’étranger.  La moitié (12) d’entre eux répondent négativement avec conviction en insistant sur les valeurs défendues et exprimées précédemment. Mais avec un paradoxe partagé par plusieurs : «  Malgré un coût supérieur, le circuit court privilégié. » Car c’est bien le coût principalement qui ferait pencher la décision.

Le coût, le relationnel et le savoir-faire en question

S’ils sont minoritaires, c’est auprès des éditeurs qui impriment tout ou partie de leurs ouvrages à l’étranger qu’il faut trouver les raisons d’un tableau un peu moins idyllique. Quelles que soient les réponses, le coût est toujours mis en avant. Les écarts de prix évoqués varient selon les réponses, mais c’est une certitude, c’est moins cher à l’étranger. Entre 15 et 33 % moins cher. « Un livre gratuit tous les 3 livres », insiste l’un ; « Les écarts sont tels que le prix de vente de mes livres serait bien trop élevé, contraire à l’idée d’un accès au plus grand nombre », renchérit un autre.

Les avis sont plus divergents sur la qualité de service, mais les plus convaincus d’imprimer à l’étranger sont aussi des éditeurs expérimentés qui, s’ils reconnaissent ne pas le faire de gaieté de cœur, font part de leurs expériences malheureuses en France. « Au-delà du prix, certaines imprimeries françaises sont nettement moins réactives et n'offrent pas d'aussi belles fabrications que leurs confrères étrangers. Dans ces conditions, il est difficile d'opter pour une préférence nationale lorsque l'on publie régulièrement des livres assez coûteux à produire », constate l’un d’eux.

Imprimer local ?

Avec ironie, certains s’interrogent sur la question de la préférence nationale : « Et les imprimeurs, ils ne travaillent qu’avec des entreprises françaises ? Le transport, le papier, les machines, l’encre, qui sont les fournisseurs ? »

Au-delà des convictions et des réalités économiques très différentes entre les éditeurs, la question est de savoir comment convaincre. Est-ce un vœu pieux ? Lors de la table ronde, des soupçons de réponse. 

Au-delà du bon sens entrepreneurial sur la courtoisie et la réactivité où il reste de vrais progrès à faire, le professionnalisme des commerciaux et plus généralement des interlocuteurs dans l’ensemble de la chaîne de fabrication est évoqué. Les éditeurs attendent des réponses techniques et un dialogue professionnel sur la fabrication de leurs livres. Quelle réponse des imprimeurs pour un accompagnement et un conseil de haut niveau nécessitant une très forte expertise ? 

De leur côté, les pouvoirs publics auraient un rôle à jouer, notamment en mettant en place des aides plus incitatives. Enfin, l’idée d’une cartographie des savoir-faire en région est évoquée. Belle idée, mais qui la construit ?

On l’aura compris, si les éditeurs ligériens ne rechignent pas à imprimer local, ils demandent tout de même que l’attention au client et le soin accordé à la fabrication justifient vraiment le prix pratiqué. Le Coll.LIBRIS est prêt à poursuivre le débat avec les professionnels concernés.

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